___Accroché aux aiguilles de ma montre, je remonte discrètement la cadence du temps. Je me livre à un réel combat pour ne pas rouvrir les yeux. Je sais que ce n'est qu'un rêve, mais pourtant je veux le poursuivre. Je veux en abuser, tellement je me plais à voir me guider de ce faible corps. Je suis là, immobile, devant ce long chemin de terre battue. Il me demande de le longer, de le suivre jusqu'à son achèvement. Je me vois faire tomber mon manteau noir. L'air me frétille les narines. Et mes bras ballants me conduisent... Un pas timide fait le premier, puis un second, ... Je marche, je marche, je marche avec ce regard avide de pensées. Tout en ayant mes yeux fermés, je les referme. L'air me chatouille encore un peu. Je ne veux faire que marcher, sans apercevoir la fin. Stop. Comme une main qui me prend par la racine de mes cheveux, je lève ma tête au ciel gris. Inconsciemment, un ½il s'ouvre. Je te vois transpercer l'immense nuage. Toi à qui j'ai donné ma lumière. Hasardeusement, je me retrouve face à Toi. Trop de peur, j'ouvre le deuxième. Je te vois, ne peux pas le croire... Je me les frotte. Erreur. Le plafond de ma cellule ressemble étrangement à ton ciel. Je te saisissais de près. J'étais fatigué, j'étais épuisé que je n'ai pas vu qui tu étais pour éviter de te tuer. M'être vidé de mon sang n'aura pas suivi à remplir tes veines... Même pas d'un amour.