____Quand je fais le bilan de mon adolescence, je me rends compte qu'elle n'a pas été vraiment ce que j'avais pu espérer... Je me suis conduit faussement. Et voilà que ne rien regretter est parfois regrettable. Alors, le temps s'arrête et l'insatisfaction se poursuit.
Scolairement, bon élève, certes, mais qui fait des grosses étourderies comme une mauvaise orientation qui mène aujourd'hui à une terminale moins bancale, mais tout à fait moins appréciable. Je lutte pour me trouver un avenir professionnel depuis bien longtemps sans jamais rien acquérir car je suis trop indécis et peureux de me lancer dans des projets qui n'aboutiront peut-être à rien. "Qui ne tente rien n'a rien", c'est bien trop simple car mettre tout en oeuvre pour avoir le nez collé à une merde de chien, non-merci. Alors, je me noie dans la vague. J'explore ma future gaufre.
Et puis, il y a eu Toi. Toi qui m'auras fendu le c½ur et à qui, maintenant, je faiblis le corps. On n'aurait peut-être pas dû. Mais tu es venue de nulle part et lentement je me suis laissé aller à la candeur de ce visage. Cette douce mélodie semée de croches trop marquées s'acheva sur ces points de suspension... Nous nous serons aimés, nous nous serons même détestés, mais nous nous serons partagés. Aujourd'hui, même si je ne l'avoue pas, tu me fais mal encore! Tu es devenue tellement chiffonne que j'ai peur de te poser mes mains. Poupée de papier déchiré. Mon c½ur est toujours imprégné de ton odeur, même si mes pleurs d'inquiétude lui ont donné une certaine moisissure. Confus à l'idée de savoir que tu n'en as pas eu conscience. Aujourd'hui, j'en ai tiré la morale car; A ne rien montrer, personne ne peut voir... Mais à trop afficher, tout le monde se rend affolé... Il faut donc trouver le juste milieu. C'est avec Toi, Autre Toi, que j'ai pu le trouver. C'est vrai que je ne peux pas être mieux calé qu'aujourd'hui. Mais cet équilibre n'a pas été sans faire renverser plusieurs fois la balance. Nous aurons connu l'amour secret, vécu d'une étrange facette... Mais c'est certainement ceci qui lui rendit toute sa force. J'ai longuement été meurtri par cette séparation. Le temps aura effacé ton prénom que j'avais perforé sur mon bras. Les kilomètres auront essuyé les chagrins auxquels j'avais pris goût, sans les affectionner davantage. Je savais quel serait mon moment, mon endroit sans le craindre. Ensuite, il y a eu quelques Vous, mais l'échappatoire m'a toujours ramené à mon funeste passé. Alors, sentimentalement, [oh!], je me suis juste lamentablement vautré. C'est fou comme j'apporterais le bonheur aux gens tout en me construisant un futur malheur. Les séquelles du moment sont mes peurs de m'engager et de retomber.
Outre tout ceci, le contexte familial n'était pas toujours propice. Comme le cas pour bon nombre d'adolescents. Certes. Mes parents m'aiment tellement fort, sans compter l'incompréhension d'un père et d'un fils, comme un bon scénario de Stephen Daldry (ndlr. Réa: Billy Elliot). En plus de cela, une femme blessée par l'absence de présence d'un mari. Alors, ils avaient pris pour habitude, comme à chaque dîner de s'engueuler. Et moi, devant leurs yeux en train de manger tranquillement mon repas. Bien évidemment, je ne leur paraissais aucunement perturbé par ces discordes. Aucunement.
Disons que la vie ne se résume pas à ça... mais quand tu es adolescent; un peu si. Car comme bon ado que j'étais (et que je suis toujours encore un peu), je voulais toujours toucher à tout ou presque. Mais, des barrières empêchaient mon parcours de découverte. Alors, dans ces coups de temps-là, je me cachai pour trouver la sortie nocturne quand le monde s'apaisait. J'étais libre, non-autorisé mais libre. Enfin non-autorisé, je ne pouvais pas le prétendre parce que je n'avais pas demandé l'autorisation. Fumer, boire, dormir sera un pitoyable résumé de trois trimestres à André Pioger.
Mais tout ceci est fini... La sinistre jeunesse de Fleb aurait pu se terminer plus vite encore. Pendant que j'y pense, la prochaine fois que je me suicide, j'essayerai à ce que ce ne soit pas une tentative.
Je me rassure en vous rassurant; il m'est aussi arrivé de belles choses.
Et aujourd'hui, je vis mieux.